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Depuis novembre, la sphère médiatique marocaine compte un nouveau venu : le journal électronique “le Desk”, un site d’information et d’investigation payant et sans publicité. L’expérience, inédite au Maghreb et même en Afrique, est née d’une “intuition” et d’une “nécessité”, explique le directeur de publication, Ali Amar, rencontré à Amman (Jordanie) lors d’un forum des nouveaux médias du monde arabe. Deux petits mois d’existence et déjà une large renommée. Depuis son lancement au mois de novembre dernier, le journal électronique marocain le Desk ne cesse de faire parler de lui. Son contenu est régulièrement cité par la presse internationale. Le pari était pourtant osé : lancer un site d’information payant au Maghreb. “Le Desk est une idée singulière, c’est un pure player d’information et d’investigation qui a pour modèle économique un système fondé sur les abonnements”, décrit Ali Amar, l’un des cofondateurs du journal et actuel directeur de la publication. Innovant dans la forme, le nouveau-né l’est aussi dans son contenu. Les traditionnelles rubriques par secteurs (économie, politique, sports, société, etc.) ont disparu au profit d’un rubriquage par genre journalistique. “Les nouvelles habitudes du lectorat de la presse numérique nous ont appris que le rubriquage classique du journal papier n’a plus lieu d’être sur le web”, souligne Ali Amar. “On a donc cassé ces codes, mais tout en traitant de tous ces sujets”. Du temps pour l’investigation Sur la droite du site internet, couleur rouge vermillon et au “cœur battant de l’actualité” pour slogan, le fil d’information en continu donne l’actualité immédiate 24H/24. “C’est la seule rubrique consultable gratuitement”, précise le directeur de la publication. “Le reste du site se construit autour du cheminement de l’information, très important pour nous.” La “Newsroom” propose des articles sur l’actualité du jour avec des angles approfondis et particuliers. “En clair” offre des décryptages sur les grandes questions d’actualité. “Grand angle” rassemble les enquêtes au long cours réalisées par les journalistes de l’unité d’investigation. On y trouve, par exemple, un dossier sur la question “extrêmement sensible” du Sahara occidental. “L’objectif était de décrire la situation aujourd’hui, avec des données et des cartes précises, au-delà du bruit de la propagande officielle de Rabat et d’Alger qui bien souvent ne correspond pas à la réalité.” Autres articles d’investigation à découvrir sur le Desk : un reportage sur la migration des Marocains aux Balkans, l’implication du Maroc dans le conflit au Yémen, etc. “Nous tenions tous à réhabiliter un genre en désuétude qui est l’investigation.” Enfin, une rubrique “désintox” passant au crible les rumeurs, hoax et fausses informations, ainsi qu’une section “data” traitant l’actualité par les données, complètent l’arborescence du journal. “Pour l’instant, l’équipe du Desk se compose d’une bonne vingtaine de personnes : moitié journalistes, ¼ technique (designers, graphistes, développeurs, etc.) et ¼ administration et commercial”, détaille le directeur du journal. Une censure double Fabriqué pendant deux ans, réfléchi depuis bien plus longtemps, le Desk vient “d’une intuition et d’une nécessité”, explique Ali Amar quand on l’interroge sur la genèse du projet. La maturité du secteur des télécoms et la modernité du système bancaire font que les Marocains consomment de plus en plus sur les sites marchands en ligne. “Nous avons donc décidé de surfer sur cet alignement de planètes et d’être le poisson-pilote, voire peut-être même les cobayes d’une expérience qui, si elle réussit, pourrait pousser d’autres confrères à s’engouffrer dans la brèche.” “Nécessité” car la censure existe encore au Maroc, poursuit le journaliste. “La confrontation avec le pouvoir persiste et la publicité est très souvent utilisée comme une arme d’abattage contre la presse.” Face à ces pressions, seul le modèle payant permet de résister. Depuis son lancement, le site a enregistré plus de 500 souscriptions d’abonnement. Deux possibilités existent pour s’abonner : l’utilisation de la carte de crédit ou d’un compte PayPal. L’offre annuelle s’élève à 480 dirhams (environ 45 euros), alors que l’offre mensuelle à 60 DH (environ 5 euros). “Le prix d’un McDo à Casablanca”, compare, malicieusement, Ali Amar. N. R.

“Un site payant pour résister au chantage à la publicité utilisé contre la presse”

Depuis novembre, la sphère médiatique marocaine compte un nouveau venu : le journal électronique “le Desk”, un site d’information et d’investigation payant et sans publicité. L’expérience, inédite au Maghreb et même en Afrique, est née d’une “intuition” et d’une “nécessité”, explique le directeur de publication, Ali Amar, rencontré à Amman (Jordanie) lors d’un forum des nouveaux médias du monde arabe.

Deux petits mois d’existence et déjà une large renommée. Depuis son lancement au mois de novembre dernier, le journal électronique marocain le Desk ne cesse de faire parler de lui. Son contenu est régulièrement cité par la presse internationale. Le pari était pourtant osé : lancer un site d’information payant au Maghreb.
“Le Desk est une idée singulière, c’est un pure player d’information et d’investigation qui a pour modèle économique un système fondé sur les abonnements”, décrit Ali Amar, l’un des cofondateurs du journal et actuel directeur de la publication. Innovant dans la forme, le nouveau-né l’est aussi dans son contenu.
Les traditionnelles rubriques par secteurs (économie, politique, sports, société, etc.) ont disparu au profit d’un rubriquage par genre journalistique.
“Les nouvelles habitudes du lectorat de la presse numérique nous ont appris que le rubriquage classique du journal papier n’a plus lieu d’être sur le web”, souligne Ali Amar. “On a donc cassé ces codes, mais tout en traitant de tous ces sujets”.

Du temps pour l’investigation
Sur la droite du site internet, couleur rouge vermillon et au “cœur battant de l’actualité” pour slogan, le fil d’information en continu donne l’actualité immédiate 24H/24. “C’est la seule rubrique consultable gratuitement”, précise le directeur de la publication. “Le reste du site se construit autour du cheminement de l’information, très important pour nous.”
La “Newsroom” propose des articles sur l’actualité du jour avec des angles approfondis et particuliers. “En clair” offre des décryptages sur les grandes questions d’actualité. “Grand angle” rassemble les enquêtes au long cours réalisées par les journalistes de l’unité d’investigation. On y trouve, par exemple, un dossier sur la question “extrêmement sensible” du Sahara occidental. “L’objectif était de décrire la situation aujourd’hui, avec des données et des cartes précises, au-delà du bruit de la propagande officielle de Rabat et d’Alger qui bien souvent ne correspond pas à la réalité.” Autres articles d’investigation à découvrir sur le Desk : un reportage sur la migration des Marocains aux Balkans, l’implication du Maroc dans le conflit au Yémen, etc. “Nous tenions tous à réhabiliter un genre en désuétude qui est l’investigation.” Enfin, une rubrique “désintox” passant au crible les rumeurs, hoax et fausses informations, ainsi qu’une section “data” traitant l’actualité par les données, complètent l’arborescence du journal. “Pour l’instant, l’équipe du Desk se compose d’une bonne vingtaine de personnes : moitié journalistes, ¼ technique (designers, graphistes, développeurs, etc.) et ¼ administration et commercial”, détaille le directeur du journal.

Une censure double
Fabriqué pendant deux ans, réfléchi depuis bien plus longtemps, le Desk vient “d’une intuition et d’une nécessité”, explique Ali Amar quand on l’interroge sur la genèse du projet. La maturité du secteur des télécoms et la modernité du système bancaire font que les Marocains consomment de plus en plus sur les sites marchands en ligne. “Nous avons donc décidé de surfer sur cet alignement de planètes et d’être le poisson-pilote, voire peut-être même les cobayes d’une expérience qui, si elle réussit, pourrait pousser d’autres confrères à s’engouffrer dans la brèche.” “Nécessité” car la censure existe encore au Maroc, poursuit le journaliste. “La confrontation avec le pouvoir persiste et la publicité est très souvent utilisée comme une arme d’abattage contre la presse.” Face à ces pressions, seul le modèle payant permet de résister. Depuis son lancement, le site a enregistré plus de 500 souscriptions d’abonnement. Deux possibilités existent pour s’abonner : l’utilisation de la carte de crédit ou d’un compte PayPal. L’offre annuelle s’élève à 480 dirhams (environ 45 euros), alors que l’offre mensuelle à 60 DH (environ 5 euros). “Le prix d’un McDo à Casablanca”, compare, malicieusement, Ali Amar.

N. R.

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“Un site payant pour résister au chantage à la publicité utilisé contre la presse”

Par philhadj Temps de lecture: 3 min
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