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Édité en Algérie par Casbah éditions, ce roman vient de paraître aux éditions du Flamboyant au Bénin.

Un vécu conté pour dire une humanité tronquée

Édité en Algérie par Casbah éditions, ce roman vient de paraître aux éditions du Flamboyant au Bénin. Dans cet ouvrage l’auteure en dit long sur cette “déshumanisation” de la planète Terre. Elle a voulu raconter la dérive d’un monde où tous les prétextes sont bons pour exclure et pour détruire.

Aïcha Bouabaci est native de Saïda. Enseignante normalienne, ayant obtenu un diplôme en droit international public et droit humanitaire aux Pays-Bas, puis un DEA lettres, langue et arts en France, elle a multiplié fonctions et productions entre enseignement de la langue française en Algérie et en Allemagne et publications de poèmes, contes, essais et nouvelles. Le désordre humain conté à mon petit-fils est un petit livre qui en dit long sur cette déshumanisation de la planète Terre.
Une histoire vraie, très loin du conte de fée et puisée du vécu, racontée par une grand-mère indignée par ce qui se passe dans ce monde dirigé par des ogres qui refusent que leur ordre de grandeur et leur suprématie sur tout et sur tous soient entachés par ce désordre qui voudrait que les frontières tombent et que les portes soient ouvertes à tous sans distinction de race, de couleur, de nationalité ou de religion. D’abord édité en Algérie par Casbah éditions, ce roman vient de paraître aux éditions du Flamboyant au Bénin, présentes au Sila 2015. L’auteure souligne à cet effet : “Quand les éditions du Flamboyant m’ont proposé de rééditer le livre, déjà paru en Algérie, je n’ai pas hésité. Parce que le Bénin, c’est l’Afrique, mon Afrique. Je trouve très bien d’avoir des lecteurs en Afrique.” Le désordre humain conté à mon petit-fils est une critique claire et directe de cet ordre qui n’aime pas qu’on glisse ses doigts curieux à travers les fentes de ses attaches, bétonnées depuis des années, des siècles, des millénaires par des hommes soucieux de maintenir leur pouvoir et le transmettre aux héritiers méritants. C’est ainsi que le perçoit l’auteure, et Yazid, ce petit-fils aimé, doit connaître l’histoire de cet innocent enfant Ilyès et de ses parents qui sont venus là où ils n’étaient pas les bienvenus et qui ont été rabaissés, humiliés, renvoyés chez eux comme de vulgaires intrus parce qu’ils avaient osé venir bousculer cet “ordre souverain”. Ces petits parasites, dont l’ordre omniscient ne veut pas entendre parler, ont osé outrepasser leurs droits et doivent donc subir les pires humiliations qu’un être humain puisse endurer. L’incompréhension et la brutalité sont partout omniprésentes. Ni chez eux ils n’ont pu trouver la sérénité et la quiétude, ni hors frontières ils n’ont trouvé humanité et compassion. À travers les péripéties de Ibrahim, Ibtissam et Ilyès, Aïcha Bouabaci a voulu raconter la dérive d’un monde où tous les prétextes sont bons pour exclure, pour détruire. Et si vous vous hasardez à fouler un sol sans y avoir droit, gare à vous ! Mais l’auteure ne veut pas tout noircir ; elle ne veut pas terminer son récit sans transmettre cette note d’espoir à son petit Yazid. Certes, notre vie est loin d’être un conte ; notre vie est celle des guerres, des injustices et des misères ; mais la vie c’est aussi et surtout celle des sourires partagés, des mains tendues et des espérances entretenues. Au-delà de toutes les frontières. La situation des migrants d’aujourd’hui fuyant les guerres et les misères, l’ouverture de certaines frontières, ces gestes fraternels et ces associations humanitaires qui se créent çà et là semblent dire que, malgré tout, l’humanité noble et douce existe partout. Vrai regain d’humanisme ou faux semblant, le futur proche nous le dira…

Samira Bendris

Le désordre humain conté à mon petit-fils, roman d’Aïcha Bouabaci Roman, éditions du Flamboyant, 2015.

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Un vécu conté pour dire une humanité tronquée

Par philhadj Temps de lecture: 3 min
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