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Même si elles n’ont pas et ne sont pas un enjeu majeur dans la vie politique nationale, les élections sénatoriales

Une élection à enjeux symboliques

Même si elles n’ont pas et ne sont pas un enjeu majeur dans la vie politique nationale, les élections sénatoriales, qui se tiennent aujourd’hui pour le renouvellement de la moitié des représentants des élus des partis, ne constituent pas moins une sorte de baromètre conjoncturel du moins pour jauger, outre la place qu’occupe un parti donné dans les institutions élues, le degré de respect des élus de la discipline et des consignes de vote de leur direction.
La bataille des primaires a révélé quelques surprises et surtout le poids de l’argent dans l’orientation des voix et la crise du FLN qui dévoile sa profondeur publiquement étalée.
Le parti majoritaire s’est vu, à la faveur de ses primaires chaotiques, adossé, malgré les instructions de son SG Amar Saâdani, à treize candidatures indépendantes issues de ses rangs. Des listes avec lesquelles le parti doit partager les voix de ses élus. Uniquement de ses élus puisqu’il n’aura aucun report de voix en sa faveur alors que les mécontents pourraient donner les leurs aux candidats adverses. Par défi à Saâdani ou en les monnayant. Une défiance et une défaillance qui auront un impact direct sur les résultats du parti où Amar Saâdani a du mal à remettre de l’ordre. Le déroulement houleux de la primaire à travers plusieurs bureaux, contrairement aux autres partis, donnait déjà à voir les prémices d’une débâcle à venir. Un échec qui profiterait au frère ennemi, le RND qui excelle dans le jeu des alliances que ses résultats aux sénatoriales précédentes ont, à chaque fois, prouvé. Le parti d’Ahmed Ouyahia peut compter sur le report de voix traditionnel, celui des autres partis de l’ex-Alliance présidentielle et compter sur le poids personnel de ses candidats au niveau local.
Les autres partis engagés dans cette joute jouent sur la discipline partisane de leurs élus qui ont “démocratiquement” choisi leurs candidats qui ont, eux-mêmes, entrepris de véritables campagnes pour solliciter les suffrages de tous les élus de leurs circonscriptions. Évidemment, les appartenances sociales, tribales, “régionalistes” parfois, sont souvent déterminantes dans ce genre d’élections en plus du phénomène, récent, de l’achat des voix. Des facteurs qui ont cependant dévoyé cette opération électorale censée donner l’institution des sages de la nation.
Ainsi, même si le RND part, encore une fois, gagnant devant un FLN, plus que jamais éparpillé, de nouvelles têtes (partis) pourraient faire leur entrée dans la nouvelle moitié du Conseil de la nation. Une incursion symbolique tant le Sénat, de par sa composante (le tiers présidentiel bloquant) et son statut non légiférant, sans véritable enjeu politique hormis qu’il apporte une tribune supplémentaire d’expression pour les partis qui y siègent.
Et à défaut de lui redonner son statut d’institution politique, certains élus ont transformé leur siège en moyen de promotion sociale comme c’est le cas de nombreux députés de l’Assemblée nationale, particulièrement ceux qui ont acheté les voix. En définitive, même si l’enjeu des sénatoriales d’aujourd’hui demeure insignifiant ou inexistant, sa portée symbolique est majeure pour les partis qui perdront des plumes ; signe d’un échec politique et de mauvais choix de candidats. Des surprises ne sont alors pas à écarter.

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Par philhadj Temps de lecture: 2 min
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