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“La Maison du Griot” (éditions Zyriab), c’est une œuvre où se déclinent l’imagination débordante de l’auteure, ses connaissances historiques et anthropologiques, le tout plongé dans une atmosphère où se mêlent les fortes émotions, la ferveur religieuse, la souffrance, la patience, le courage et l’espoir. C’est l’histoire d’une mère et de sa fille, métamorphosées en chamelles par un sorcier éconduit, malfaisant et au cœur ravagé par la soif de vengeance. “Dès la prochaine lune, qui était proche, les deux femmes, Aminata et sa fille, ainsi que toute leur descendance féminine seraient transformées en chamelles pendant sept générations. Elles ne pourraient reprendre leurs formes humaines qu’après qu’elles se seraient immergées dans les eaux, à l’endroit où le fleuve Sénégal rencontre l’océan Atlantique, faute de quoi, elles resteraient à jamais chamelles.” C’est le vieil Abraham, le grand-père et protecteur, qui informa Aminata et sa fille Fatou de la triste nouvelle, après qu’il eût prié en vain pour changer le cours des choses. Après avoir cheminé ensemble à travers le désert et changé de propriétaires, la mère et la fille seront séparées, ajoutant de la peine à leur malheur. L’auteure suivra l’itinéraire de Fatou devenue Naga, jeune, belle et intelligente chamelle qui va charmer ses maîtres successifs et leurs familles. Sadia Azzoug-Talbi profitera des pérégrinations de Naga pour faire découvrir au lecteur la civilisation sahélo-maghrébine du Moyen-Âge. L’auteure donnera libre cours à son imagination et à son érudition historico-anthropologique pour conduire le lecteur des rives du fleuve Sénégal aux Haut-Plateaux algériens, jusqu’à Sidi Aïssa. Après un séjour à la Montagne Sacrée, la jeune chamelle entreprendra un long voyage vers le Sud où, après une halte dans la ville savante de Tombouctou, son destin s’accomplira en retrouvant sa forme humaine après son immersion dans l’embouchure du fleuve Sénégal. Le bonheur sera complet après d’émouvantes retrouvailles entre la mère (qui a elle aussi retrouvé sa forme humaine) et la fille qui font la promesse d’honorer la maison du griot en perpétuant la tradition au son de la musique ancestrale. C’est l’histoire que l’on peut découvrir dans ce livre de 170 pages de Sadia Azzoug-Talbi, La Maison du Griot, paru en 2015 aux édtions Zyriab. C’est une œuvre où se déclinent l’imagination débordante de l’auteure, ses connaissances historiques et anthropologiques, le tout plongé dans une atmosphère où se mêlent les fortes émotions, la ferveur religieuse, la souffrance, la patience, le courage et l’espoir. À la fin du récit, le lecteur se souviendra certes du secret bien gardé de deux chamelles qui ont conservé leurs capacités humaines de réfléchir et de s’exprimer, mais aussi et surtout des images des peuples rencontrés, des traditions rapportées et des personnages décrits avec la précision du peintre. Il en ressort imprégné des valeurs du Sahel et du Maghreb de l’époque, des légendes forgées par la richesse imaginative de la culture orale africaine. Tombouctou, “la Sorbonne des sables”, nous livre ses manuscrits ancestraux, ses sciences enseignées à des étudiants venus des quatre coins du monde, ses mosquées en terre à l’architecture singulière, ses caravansérails dont la forte fréquentation renseignait sur le caractère de plaque tournante commerciale de la cité. On y découvre l’obsession de ses habitants de sauvegarder et de protéger ce patrimoine de l’humanité contre les velléités de destruction qui se manifestaient périodiquement. Sadia Azzoug-Talbi est tellement fascinée par Tombouctou qu’elle lui consacre la page des citations, en reprenant les mots d’Ahmed Baba : “Le sel vient du Nord, l’or vient du Sud, l’argent vient du pays des Blancs, mais la parole de Dieu, les choses saintes, les contes jolis, on ne les trouve qu’à Tombouctou.” ALI BEDRICI La Maison du Griot, de Sadia Azzoug-Talbi éditions Zyriab - 2015, 170 pages

“Une œuvre imaginaire qui s’inspire de la culture sahélo-maghrébine”

“La Maison du Griot” (éditions Zyriab), c’est une œuvre où se déclinent l’imagination débordante de l’auteure, ses connaissances historiques et anthropologiques, le tout plongé dans une atmosphère où se mêlent les fortes émotions, la ferveur religieuse, la souffrance, la patience, le courage et l’espoir.

C’est l’histoire d’une mère et de sa fille, métamorphosées en chamelles par un sorcier éconduit, malfaisant et au cœur ravagé par la soif de vengeance. “Dès la prochaine lune, qui était proche, les deux femmes, Aminata et sa fille, ainsi que toute leur descendance féminine seraient transformées en chamelles pendant sept générations. Elles ne pourraient reprendre leurs formes humaines qu’après qu’elles se seraient immergées dans les eaux, à l’endroit où le fleuve Sénégal rencontre l’océan Atlantique, faute de quoi, elles resteraient à jamais chamelles.” C’est le vieil Abraham, le grand-père et protecteur, qui informa Aminata et sa fille Fatou de la triste nouvelle, après qu’il eût prié en vain pour changer le cours des choses. Après avoir cheminé ensemble à travers le désert et changé de propriétaires, la mère et la fille seront séparées, ajoutant de la peine à leur malheur.
L’auteure suivra l’itinéraire de Fatou devenue Naga, jeune, belle et intelligente chamelle qui va charmer ses maîtres successifs et leurs familles. Sadia Azzoug-Talbi profitera des pérégrinations de Naga pour faire découvrir au lecteur la civilisation sahélo-maghrébine du Moyen-Âge. L’auteure donnera libre cours à son imagination et à son érudition historico-anthropologique pour conduire le lecteur des rives du fleuve Sénégal aux Haut-Plateaux algériens, jusqu’à Sidi Aïssa. Après un séjour à la Montagne Sacrée, la jeune chamelle entreprendra un long voyage vers le Sud où, après une halte dans la ville savante de Tombouctou, son destin s’accomplira en retrouvant sa forme humaine après son immersion dans l’embouchure du fleuve Sénégal. Le bonheur sera complet après d’émouvantes retrouvailles entre la mère (qui a elle aussi retrouvé sa forme humaine) et la fille qui font la promesse d’honorer la maison du griot en perpétuant la tradition au son de la musique ancestrale.
C’est l’histoire que l’on peut découvrir dans ce livre de 170 pages de Sadia Azzoug-Talbi, La Maison du Griot, paru en 2015 aux édtions Zyriab. C’est une œuvre où se déclinent l’imagination débordante de l’auteure, ses connaissances historiques et anthropologiques, le tout plongé dans une atmosphère où se mêlent les fortes émotions, la ferveur religieuse, la souffrance, la patience, le courage et l’espoir.
À la fin du récit, le lecteur se souviendra certes du secret bien gardé de deux chamelles qui ont conservé leurs capacités humaines de réfléchir et de s’exprimer, mais aussi et surtout des images des peuples rencontrés, des traditions rapportées et des personnages décrits avec la précision du peintre. Il en ressort imprégné des valeurs du Sahel et du Maghreb de l’époque, des légendes forgées par la richesse imaginative de la culture orale africaine. Tombouctou, “la Sorbonne des sables”, nous livre ses manuscrits ancestraux, ses sciences enseignées à des étudiants venus des quatre coins du monde, ses mosquées en terre à l’architecture singulière, ses caravansérails dont la forte fréquentation renseignait sur le caractère de plaque tournante commerciale de la cité. On y découvre l’obsession de ses habitants de sauvegarder et de protéger ce patrimoine de l’humanité contre les velléités de destruction qui se manifestaient périodiquement. Sadia Azzoug-Talbi est tellement fascinée par Tombouctou qu’elle lui consacre la page des citations, en reprenant les mots d’Ahmed Baba : “Le sel vient du Nord, l’or vient du Sud, l’argent vient du pays des Blancs, mais la parole de Dieu, les choses saintes, les contes jolis, on ne les trouve qu’à Tombouctou.”

ALI BEDRICI

La Maison du Griot, de Sadia Azzoug-Talbi éditions Zyriab – 2015, 170 pages

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“Une œuvre imaginaire qui s’inspire de la culture sahélo-maghrébine”

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